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Petit cours de PERMACULTURE (résumé)

Champ

La permaculture se base sur une observation minutieuse de la nature.

Elle permet la conception consciente, la réalisation et la gestion de systèmes agricoles productifs qui possèdent les caractéristiques de diversité, de stabilité et de résilience des écosystèmes naturels La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature et non pas contre elle. Elle suit une éthique de base et donne des principes qui permettent une intégration harmonieuse des activités humaines au sein des écosystèmes.

 

abeille charpentière ( xylocopa ) et fleur

Les origines

La permaculture originelle

Après la seconde guerre mondiale, Masanobu Fukuoka expérimente une agriculture où l'homme travaille avec la nature et non pas contre elle. Il nomme sa méthode agriculture sauvage ou agriculture du non-agir, mais elle est plus souvent entendue comme agriculture naturelle. Il prône une agriculture où l'homme et la nature ne font qu'un. Il utilise ce que la nature sait faire "seule" pour se débarrasser de techniques agricoles traditionnelles ou conventionnelles et parvint, sans labour, sans désherbage, sans apport d'engrais, sans pesticide et sans taille, à obtenir des rendements équivalents aux méthodes de l'agriculture conventionnelle dans la culture du riz, de l'orge et des agrumes. Ses techniques de culture et la philosophie zen qui les sous-tend vont beaucoup inspirer Bill Mollison pour fonder le concept d'agriculture permanente, considérée aujourd'hui comme la permaculture originelle.

 

La permaculture de design

Inspirés par l'agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka, Bill Mollison et David Holmgren fondent au milieu des années 1970 le concept de "permaculture" ou "agriculture permanente" et commencent à développer des idées pouvant être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables, intégrant l’homme de la manière la plus naturelle possible. L'agriculture naturelle est basée sur le non-agir alors qu'en agriculture permanente, la mise en place d'un zonage amène à intensifier certaines cultures par des transferts de fertilité entre zones (ajout de compost, fumures, arbres fruitiers palissés et taillés).

Nous trouvons au centre de la permaculture le concept de « design », outil fondamental signifiant à la fois "conception" et "aménagement" d’un système.

En reproduisant les interactions des écosystèmes naturels, le design aide à planifier l’occupation terrestre des hommes en fonction de leur environnement. La permaculture est ainsi une philosophie de vie, une manière de penser qui investit tous les pans de l’existence humaine.

La permaculture de design considère les connexions fonctionnelles en service dans un écosystème ainsi que son fonctionnement, et en dérive des principes d’efficacité énergétiques applicables à tous les types de systèmes humains (transport, société, agriculture...).

 

L'Éthique de la permaculture

Au coeur de la pratique de la permaculture se trouve une éthique et un ensemble de valeurs fondamentales gouvernants l’action, quelle que soit l’échelle d’application.

L’éthique de la permaculture selon David Holmgren peut se résumer ainsi :

• Respecter la Terre – Comprendre que la Terre est source de vie et l’homme en est donc dépendant. L’homme se doit de vivre en harmonie avec elle pour leur destinée commune.

• Respecter l’Homme – Comprendre la nature profonde de l’homme, dans son comportement individuel et collectif. Replacer l’humain au centre de toute les préoccupations et se poser sans cesse la question des conséquences humaines de chaque décision. Agir pour le bien de chaque être humain à commencer par soi.

• Partager équitablement et créer l’abondance– S’assurer que les ressources de la planète augmentent au lieu de diminuer et qu’elles soient partagées équitablement et consommées raisonnablement.

Les principes

Une des innovations de la permaculture est d’apprécier l’efficacité et la productivité des écosystèmes naturels, par une observation attentive, et d’en dériver des principes directeurs universels pouvant nous aider dans nos actions.

Ces principes varient en fonction des permaculteurs et évoluent avec la compréhension des mécanismes en oeuvre dans la nature.

Plus ces principes sont intégrés, plus ils deviennent automatiques et font partie du mode de pensée et d’action. Ils font ainsi partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une « culture » permanente.

Les principes de Masanobu Fukuoka

Les principes du non-agir :

- Pas de labour

Le terme "permaculture" (de l'anglais « permanent agriculture ») sous-entend des méthodes culturales qui maintiennent voire accroissent la fertilité naturelle du sol. Le non labour permet de préserver la pédofaune et de ne pas oxyder le complexe argile-humique, garant d'une bonne fertilité du sol.

- Pas de fertilisant de synthèse ou de compost préparé

- pas de sarclage (désherbage), les plantes sauvages sont coupées avant de monter en graine et servent de paillage

Il s'agit de nourrir le sol et non la plante en accumulant sur le sol une litière qui fait office de paillage (BRF Bois Raméal Fragmenté ou simplement les déchets verts du lieu). Le sol étant vivant, car constamment nourri par des apports de matières organiques réguliers, le travail de la terre n’est plus nécessaire, il se fait par le travail de la "vie du sol" (décomposition des racines, décomposition des paillages, etc.).

- Pas de pesticides

- Pas de taille des arbres fruitiers

Les principes de David Holmgren

Dans « Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability » (2002), David Holmgren a développé un ensemble de principes légèrement différents et parfois complémentaires :

- Observer et interagir

En prenant le temps de s’engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.

- Collecter et stocker l’énergie

En développant des systèmes qui collectent les ressources, quand elles sont abondantes, et que nous pouvons utiliser à besoin.

- Créer une production

- Appliquer l’auto-régulation et accepter les rétroactions (la réponse à notre action)

Il faut décourager les activités inappropriées pour s’assurer que le système continue de fonctionner correctement.

- Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables

Faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.

- Ne pas produire de déchets

En trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet : la pollution est un déchet à la mauvaise place.

- Partir des structures d'ensemble pour arriver aux détails

En prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.

- Intégrer plutôt que séparer

En mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s'entraider.

 

- Utiliser le changement et y réagir de manière créative

On peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.

- Utiliser et valoriser la diversité

La diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside.

La permaculture centre également son approche sur l'arbre et la forêt et revalorise ainsi la place des haies, en bordure des cultures et des bocages,

comme garant de la biodiversité et de la limitation de l'érosion éolienne.

- Utiliser les interfaces et valoriser les éléments de bordure

- Utiliser des solutions à petite échelle et avec patience

Les systèmes lents et petits sont plus faciles à maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables.